En réaction à la
recension du livre Libérer les Québecs dans le Devoir du 17
novembre, Louis Cornellier oppose une fin de non-recevoir à toute forme
de décentralisation
Sites WEB des Régions Mise à jour: 29
novembre 2007
3
décembre 2007
Éditorial:
opinion personnelle de Guillaume Rousseau
Étudiant au doctorat en droit à l’Université de Sherbrooke
guillaume.rousseau@usherbrooke.ca
L’Estrie, comme région, pourrait assumer l’intégration de ses
immigrants, si…
Le passage de la Commission Bouchard-Taylor à Sherbrooke a été
l’occasion de réaliser à quel point les Estriens sont fiers de leurs
immigrants et de l’accueil qu’ils leur réservent. Dans le cadre de cette
commission qui fut parfois marquée par des propos durs à l’endroit des
immigrants, cela faisait du bien à entendre, en plus de contribuer à
défaire le mythe selon lequel il n’y a pas d’immigrants en dehors de
Montréal. Toutefois, il ne faudrait pas que cet optimisme de bon aloi se
transforme en un jovialisme malsain, car certaines difficultés liées à
l’immigration que l’on retrouve à Montréal sont aussi vécues en Estrie,
parfois elles sont même aggravées par son statut de « région non
métropolitaine », et par conséquent une recherche de solution s’impose.
Par exemple, la francisation des nouveaux arrivants est aussi une
problématique en Estrie. L’accès facile à des écoles post-secondaires
anglophones et l’absence d’études universitaires anglophones au deuxième
cycle dans la région obligent souvent les immigrants qui les ont
fréquentées à quitter la région par manque de connaissance du français.
On a qu’à penser également aux listes d’attente qui condamnent les
immigrants de l’Estrie à attendre jusqu’à 4 mois avant de pouvoir suivre
des cours de français. Évidemment, s’il est possible pour un immigrant
de se débrouiller pendant quelques mois à Montréal sans parler français,
la même chose n’est pas vrai en Estrie où il y a très peu de groupes
d’immigrants d’une même origine assez populeux pour accueillir un des
leurs dans sa langue. Comment alors expliquer ce délai de 4 mois? Et
bien il s’agit tout simplement du temps nécessaire pour qu’un formulaire
d’inscription aux cours de français soit envoyé de Sherbrooke à
Montréal, puis traité par le Ministère de l’Immigration et des
Communautés Culturelles. D’ailleurs, il arrive qu’un tel formulaire soit
alors traité par un fonctionnaire de Montréal originaire de l’Estrie qui
a dû s’exiler en raison du manque d’emplois dans sa région d’origine…
Quand on sait que cet exemple n’est pas fictif, on comprend que la
centralisation excessive qui règne au Québec nuit grandement aux
régions.
La solution est donc simple : il faut décentraliser les pouvoirs en
matière d’intégration des immigrants et ainsi accélérer le processus de francisation en
plus de créer des emplois payants en régions. La francisation et l’accès
à l’emploi étant les clés de l’intégration, cela ne pourrait que
contribuer à la rétention des immigrants à Sherbrooke. Bien sûr, il y
aurait des résistances à décentraliser à la grandeur du Québec un
domaine aussi important, et c’est pourquoi il convient peut-être
d’envisager un projet pilote en Estrie. En effet, Sherbrooke ayant été
la première ville fusionnée à se donner une politique d’intégration des
immigrants qui, sans être parfaite à cause de son manque d’insistance
sur la francisation, est néanmoins digne de ce nom, l’Estrie semble
prête à relever ce défi. D’ailleurs, maintenant que la Commission
Bouchard-Taylor a révélé à l’ensemble des Québécois, et particulièrement
aux Montréalais, qu’en région aussi on sait accueillir les immigrants,
il se pourrait bien que le gouvernement se décide enfin à nous faire
confiance et qu’ainsi nous puissions faire de l’Estrie une terre encore
plus accueillante.
Source :
Guillaume Rousseau Région de l'Estrie (05)
Étudiant au doctorat en droit à l’Université de Sherbrooke,
et membre de la Coalition pour un Québec des Régions
Courriel:
guillaume.rousseau@usherbrooke.ca
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