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Libérer les Québecs
Édition écosociété
En réaction à la
recension du livre Libérer les Québecs dans le Devoir du 17
novembre, Louis Cornellier oppose une fin de non-recevoir à toute forme
de décentralisation
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Le 25
novembre 2007
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la
coalition réfléchit et intervient...
Région:
Montréal
25 novembre 2007
Éditorial:
opinion personnelle de Me André Binette
Avocat en droit constitutionnel et autochtone,
thebin@videotron.ca , 514-524-0662 |
L’ABOLITION DES COMMISSIONS SCOLAIRES ET LA CRÉATION DE GOUVERNEMENTS
RÉGIONAUX
Le chef de l’Opposition officielle a récemment proposé l’abolition des
commissions scolaires, ce qui a provoqué une vive controverse. Mario
Dumont a identifié un problème réel, mais n’a pas trouvé la bonne
solution. Si on abolit les commissions scolaires, il faut pouvoir
transférer leurs responsabilités à de véritables gouvernements régionaux
et territoriaux.
Les commissions scolaires ont perdu toute légitimité démocratique et,
dans les faits, elles sont devenues des structures administratives qui
appliquent sans marges de manœuvre véritables les diktats du Ministère
de l’Éducation. Elles ne peuvent donc plus légitimement exercer un
pouvoir d‘imposition, ni gérer un secteur aussi vital pour notre nation.
Nos écoles sont mal financées et mal adaptées à leur milieu. Même en
régions périphériques, on déplore de plus en plus le manque de
main-d’œuvre adaptée à l’économie régionale. Il faut repenser toute la
gestion du système scolaire. Les écoles doivent devenir des milieux de
vie pris en charge par le milieu. Nos enfants doivent cesser de faire la
quête pour obtenir des dictionnaires.
La solution n’est cependant pas de transférer les fonctions des
Commissions scolaires aux municipalités. Les municipalités et les MRC,
dans l’état actuel des choses, sont elles aussi devenues des succursales
de l’Etat québécois. Il faut plutôt faire confiance au peuple québécois
et lui redonner sa souveraineté. Il faut lui donner l’occasion de se
donner de nouvelles institutions plus adaptées à ses besoins. La mise
sur pied de gouvernements élus dans chacune des grandes régions du
Québec permettrait à celles-ci d’orienter leur développement à leur
manière. Pour se sortir de leurs difficultés profondes, les régions
doivent détenir un pouvoir réel sur la santé, la culture, l’éducation,
l’environnement et le développement économique.
Le général de Gaulle était un visionnaire. Son pays était généralement
perçu comme l’un des plus centralisés en Occident. En 1969, il a
proposé la création de gouvernements régionaux dans un référendum. Il a
perdu et s’est retiré. Il a alors déclaré : ‘’Puisque tout recommence
toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, une source d’ardeurs
nouvelles après que j’aurai disparu.’’ Une quinzaine d’années après sa
mort, on a fini par créer des gouvernements régionaux élus en France.
Ces gouvernements s’appuient sur des assemblées régionales. La formule
a tellement bien fonctionné qu’on a ensuite accru leurs
responsabilités. Selon toute apparence, cette réforme est un grand
succès. Personne ne prétend aujourd’hui qu’elle a affaibli la France.
Au contraire, elle l’a clairement renforcée en transférant des pouvoirs
substantiels au niveau local et en rapprochant les citoyens des centres
de décision. Ainsi, le sentiment d’appartenance et de cohésion
nationales peuvent croître, et les régions peuvent développer leur
identité spécifique.
Les Premières nations nous ont elles aussi devancé dans cette réforme.
Le chapitre 7 de Libérer les Québecs, rédigé par Roméo Bouchard,
est éclairant sur ce point majeur. Le projet de gouvernement régional
et d’assemblée régionale élue est très avancé au Nunavik, dans le Grand
Nord. Pourquoi les Québécois ne bénéficieraient-ils pas de cette
expérience ? De leur côté, les Cris sont en train de se doter de leur
propre constitution interne dans la foulée de la Paix des Braves. Dans
le projet de préambule de cette constitution, ils invoquent la
souveraineté interne que le droit international reconnaît à chaque
nation. Qu’attendons-nous pour suivre leur exemple ? Toutes les
Premières Nations du Québec veulent se donner des gouvernements dans
leurs régions. Sachons qu’il existe deux projets de
gouvernements régionaux au Québec, et que ces projets doivent
s’arrimer. Les Cris et les Inuit gèrent depuis longtemps leurs propres
commissions scolaires.
Un tas de mauvaises raisons peuvent empêcher la réalisation d’une
réforme semblable au Québec. Elles proviendront essentiellement de la
résistance et du manque d’imagination des pouvoirs établis et de ceux,
souvent bien intentionnés, qui tirent avantage du système actuel. Pour
briser l’impasse, il faut convoquer une assemblée constituante ou des
états généraux sur la décentralisation et la démocratie sur le
territoire du Québec. Cette assemblée pourrait réunir des citoyens de
toutes les régions, surtout les jeunes, afin d’écrire un chapitre d’une
future Constitution du Québec portant sur les gouvernements
territoriaux. Nous devons profiter du contexte actuel pour imposer
cette dynamique créatrice à tous les partis politiques au Québec. Le
pouvoir souverain du peuple est irrésistible s’il parvient à s’exprimer.
Source : : Me
André Binette
Région de Montréal
Avocat en droit constitutionnel et autochtone,
Courriel:
thebin@videotron.ca
Tél.:
514-524-0662

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