
 
 
 


Documents d'appuis

Libérer les Québecs
Édition écosociété
|
 |
Le 23
novembre 2007
 |

|
la
coalition réfléchit et intervient...
Région:
Gaspésie Iles-de-la-Madeleine
7 novembre 2007
Éditorial:
opinion personnelle de Micheline Pelletier
Mairesse de Sainte-Anne-des-Monts |
Sortir les économies régionales du réseau organisé de survivance dans lequel on
les a enfermées.

Déjà au
siècle dernier, le penseur politique et historien français Alexis de
Tocqueville démontrait que le succès remarquable de la
Nouvelle-Angleterre provenait du fait que la Constitution de cet État
donnait la souveraineté au peuple. Il soulignait, entre autres,
l’attachement des gens à leur village parce que le peuple y place son
ambition et qu’il concourt à le diriger. Il participe comme une force
vive à l’édification de son avenir. Ce ne sont pas des administrés qui
peuplent ces régions, mais des citoyens bâtisseurs. Là est le fondement
du succès.
De Tocqueville voyait juste : là se situe le cœur de la dynamisation
d’un village, d’une ville ou d’une région. Éloignez le centre de
décision et vous tuez la prise en charge, la volonté responsable d’aller
plus loin. Vous créez l’attentisme, la dépendance et bien plus encore,
la déresponsabilisation menant parfois à la délinquance organisée. On a
tôt fait de comprendre que, puisqu’il faut bien survivre, il est habile
d’utiliser le favoritisme, les luttes de pouvoir afin de s’approprier la
fortune qu’on voit poindre dans toutes opportunités. C’en est alors fini
de la solidarité et du bien commun ; là commence l’édification de petits
royaumes gouvernés par des élus jaloux de leurs prérogatives.
Nos députés en sont bien conscients puisque nous défilons à leur porte
pour quémander le soutien nécessaire à la mise en place de « projets »
qui ne sont en fin de compte que des miettes pour passer l’hiver et
empêcher la chute dans les labyrinthes de l’assistance sociale.
Année après année, nous tissons un réseau organisé de survivance. À
titre d’élus, nous passons plus de temps à quémander des faveurs qu’à
gérer une ville et son développement. Les jeux de corridors et les
lobbies politiques deviennent les seules armes de revitalisation du
milieu.
Les politiques de centralisation et la dictature bureaucratique ne sont
pas issues du gouvernement en place à l’heure actuelle ; depuis la
Révolution tranquille, nous avons pu observer une lente progression du
pouvoir des mandarins de l’État qui, grâce aux prérogatives qu’ils
s’approprient souvent et qu’ils maintiennent avec énergie, prennent jour
après jour des décisions sans en connaître les véritables incidences
dans les milieux concernés. En un mot, ils décident de notre destinée
sans que nous ayons droit au chapitre
Parlons maintenant de l’avenir.
Allons-nous tolérer plus longtemps cette situation improductive,
insensée ? J’ose croire que l’heure est venue de construire
démocratiquement et économiquement des régions autonomes
administrativement. Des régions où les citoyens responsables occupent
leur territoire, des régions où les gens engagés définissent à
partir de leur « terroir » un projet collectif qui leur est
propre et dans lequel ils pourront s’investir et se réaliser
intégralement, eux et leur communauté.
Cette décentralisation suppose plus qu’une restructuration
administrative du genre relocalisation. Les citoyens sont de plus en
plus en voie d’exiger que le pouvoir de décider appartienne aux
instances les plus proches d’eux. Nous comprenons bien ici ce que cela
veut dire : que les budgets doivent également suivre cette
décentralisation… Je revendique le pouvoir pour les régions dans un
juste équilibre entre un État qui veille sur le peuple selon le principe
de subsidiarité : on doit bâtir de bas en haut et non l’inverse.
Tout cela devient l’enjeu de nos partis politiques qui doivent prendre
en compte l’évolution des citoyens, les revendications des régions, la
nécessaire autonomie garante de la diversité du développement et prévoir
les mécanismes de la décentralisation sur une base territoriale selon le
principe d’une gouvernance intégrée.
On pourrait épiloguer sur de multiples stratégies pour retenir nos
jeunes en région pour développer l’entreprenariat local ou moduler les
programmes offerts. Ce serait essayer de consolider une maison qui ne
répond plus aux besoins de ses usagers. Je préfère une remise à neuf. Je
suis sûre que je participerai bientôt à cette nouvelle révolution
tranquille en tant qu’élue. Les citoyens l’exigent : la révolution
qui se prépare est celle des régions.
L’heure est venue ; allons-nous avoir le courage de mettre en branle ce
chantier politique afin de donner un nouveau souffle au Québec ?
Oserons-nous la solidarité dans la diversité ?

Source : : Micheline
Pelletier
Mairesse de Sainte-Anne-des-Monts
Courriel:
mpelletier.sadm@globetrotter.net
Tél.:
418-763-9835

Haut |