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Coalition pour un Québec des RégionS
C O M M U N I Q U É
Forum régional du
Bas-St-Laurent pour un Québec des Régions
Les élus et les citoyens se sentent bloqués et veulent pouvoir
s’autogouverner chez eux
Saint-Germain-de-Kamouraska, 26 octobre 2008. «Nous sommes pris
dans un système qui nie en pratique aux communautés la possibilité de se
prendre en charge et de s’autogouverner», a lancé un élu invité à
témoigner de son expérience au 1er Forum régional citoyen du
Bas-Saint-Laurent sur la décentralisation démocratique. Le Forum était
organisé par la Coalition pour un Québec des Régions à Rivière du Loup
samedi dernier. Soixante personnes représentatives de toute la région
ont participé au Forum à titre de citoyens, dont plusieurs élus, préfets
et intervenants dans les domaines culturels, communautaires et
économiques, et plusieurs jeunes.
Simplifier les structures de pouvoir
Tous ont déploré l’enchevêtrement des structures de pouvoirs qui
constitue un véritable barrage de contrôles et de normes rigides, le
plus souvent sans liens entre eux, pour les projets de développement
local et régional. Un participant avisé a comparé cette superposition de
pouvoirs à un hamburger à trois étages (l’État fédéral, l’État québécois
et leurs bureaux régionaux respectifs), avec 4 boulettes de viande : les
municipalités, la MRC, la CRÉ et les Commissions scolaires; pour sa
part, il propose un simple hamburger composé de deux pains (le
gouvernement du Québec et la CRÉ) avec au centre une boulette de bœuf
bio, la Ville-MRC! Une économie de taille et un choix santé!
La MRC est en effet perçue comme le territoire d’appartenance qui se
prête le mieux à la participation citoyenne et à l’exercice de pouvoirs
accrus pour la gestion des écoles, des services sociaux et services de
santé, de la culture, de l’environnement, du territoire, du
développement et de tous les autres secteurs, pourvu que les transferts
réels de budgets et de ressources suivent. Dans la mesure où elles
auront des responsabilités importantes, il va de soi que les dirigeants
des MRC devront être élus et imputables à leur population.
Au niveau régional, on estime en général que la CRÉ doit conserver un
rôle essentiel de concertation et de représentation, et la plupart
souhaitent que son président à tout le moins soit élu par toute la
région et que la société civile y soit entendue.
Quant au niveau local, tous sont conscients que la baisse rapide de
population dans les villages paralyse les petits conseils municipaux.
Tout en s’assurant de conserver à chaque village son identité et sa vie
communautaire, beaucoup croient qu’on doit envisager une forme de
regroupement de leur assiette fiscale et de leurs services. Plusieurs
même envisagent le modèle de la Ville-MRC, dans laquelle chaque village
constitue un arrondissement. Ce modèle est déjà en place dans 14 villes
du Québec : Rouyn-Noranda, La Tuque, Shawinigan, Lévis, etc.
Diminuer l’emprise des partis politiques
Pour améliorer la vie démocratique, beaucoup souhaitent la mise en place
de mécanismes de participation citoyenne, comme ceux expérimentés à
Sainte-Flavie ou dans d’autres pays. Ils souhaitent surtout -ce qui peut
en surprendre plusieurs- une réforme de notre système démocratique dans
le but de diminuer sinon éliminer le contrôle des partis politiques sur
nos élus. Sans aller jusqu’à faire siéger les préfets de MRC élus en
lieu de députés, comme certains l’ont suggéré, cet objectif pourrait
être atteint par l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel, une
carte électorale ajustée sur les régions et les MRC, et un système
présidentiel qui permettrait aux députés de conserver leur liberté de
vote en chambre.
Ce Forum se voulait une première étape dans la mobilisation régionale en
vue de la tenue d’éventuels États généraux des 17 régions pour définir
les grandes lignes d’une démocratie territoriale. La région de
Montréal tiendra un Forum semblable le 8 novembre, et d’autres
régions s’y préparent également. D’autres étapes sont à venir. Mais
d’ores et déjà, il est évident pour les participants présents à
Rivière-du-Loup que l’État québécois peut assurer l’orientation et la
solidarité nationale tout en laissant à chaque région les marges
suffisantes pour s’autogouverner et assurer une meilleure participation
de leurs citoyens. Le débat est ouvert.
Information : Michel Lemay, 418 492-9850 / 9673
Roméo Bouchard, 418 492-5727
Philippe Daigne (Rimouski) : 418 721-7779
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